Jeudi dernier, s’est tenue, à l’Université Laval, une table ronde sur la certification forestière, organisée par l’Association des étudiants en foresterie et en environnement de l’Université Laval, en partenariat avec l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec.

Animée par M. André Desrochers, Ph.D., professeur titulaire à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique, la table ronde avait pour thème Certification forestière : sommes-nous encore maîtres de notre forêt? Six panélistes ont accepté de venir partager leurs réflexions autour de cette thématique : M. Christian Awashish, chef de la communauté Atikamekw d’Opitciwan, M. Luc Bouthillier, ing.f., Ph.D., professeur titulaire, Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique, M. Ronald Brizard, ing.f., sous-ministre associé aux forêts, ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, M. François Dufresne, ing.f., président de FSC Canada, Mme Sophie Gallais, chargée de projet Aires protégées, Nature Québec, et M. André Tremblay, président-directeur général du Conseil de l’industrie forestière du Québec.

debat certification panelistes


Le contexte actuel justifiait la tenue d’un débat de fond sur la certification forestière. Dans les derniers mois, le sujet a fait l’objet de maintes discussions et a été hautement médiatisé suite à la suspension de certificats FSC détenus par Produits forestiers Résolu et Arbec. La compagnie américaine Best Buy a modifié sa politique d’approvisionnement afin d’exiger du papier certifié FSC, entraînant des conséquences importantes sur les commandes de Produits forestiers Résolu. Dernièrement, le Conseil de l’industrie forestière menaçait de se retirer de la norme FSC. Il n’était donc pas surprenant que 150 personnes se déplacent pour la table ronde et que 40 personnes profitent de la webdiffusion offerte.

debat certification foule

Pendant deux heures, les panélistes ont exposé leur point de vue et répondu aux questions des participants. Comme on pouvait s’y attendre, des points de vue divergents se sont confrontés. Alors que l’industrie et le gouvernement considèrent que les aspects économiques ne sont pas suffisamment pris en compte dans la certification, les communautés autochtones, elles, affirment haut et fort que la foresterie au Québec ne prend pas en considération leurs revendications territoriales et le développement de leurs communautés.


Un consensus est pourtant clair : la certification fait partie de la foresterie du 21e siècle. Le Québec est le territoire le plus certifié au monde avec ses 33 millions d’hectares certifiés en forêt publique. Et ce n’est pas un hasard. Nos pratiques forestières y sont bonnes et l’encadrement législatif rigoureux facilite l’obtention de la certification. La certification est un outil qui permet de donner de la crédibilité aux pratiques forestières auprès des acheteurs.


La certification offre une formidable occasion d’échanges civiques, mais malheureusement, force nous est de constater que c’est plutôt à un clivage que nous assistons, plusieurs l’utilisant pour atteindre leurs objectifs politiques spécifiques. Certains enjeux de taille se doivent d’être adressés par l’ensemble des acteurs du secteur forestier, comme la question autochtone et le rétablissement du caribou forestier. La confrontation actuelle est nuisible à la recherche de solutions durables pour l’ensemble du secteur.